2018/2/6Rupture de médicaments dans les pharmacies: Le processus d’approvisionnement expliqué à l’opinion.

Les officines pharmaceutiques au Burkina manquent de beaucoup de médicaments. Suite à la publication d’un article de presse sur le problème, l’Ordre des pharmaciens a jugé bon d’expliquer à l’opinion nationale le processus d’approvisionnement des médicaments qui passe par plusieurs étapes. C’était au cours d’une conférence de presse le lundi 5 février 2018.

Des malades qui ne savent plus à quelle pharmacie s’adresser pour avoir des médicaments. La rupture des médicaments était devenue si préoccupante au Burkina qu’un confrère a jugé bon de soulever le problème afin que des mesures soient prises pour soulager les malades. Dans ses investigations, le journaliste a fait cas d’une importante quantité de médicaments qui serait stockée dans des conteneurs à la douane alors que les officines en sont en manque. Cela a alors nécessité une mise au point de l’Ordre national des pharmaciens du Burkina, en collaboration avec les services techniques du ministère de la Santé. Ces structures ont jugé utile d’expliquer à l’opinion publique comment se fait l’acquisition des médicaments. « Le Burkina Faso est un pays à ressources limitées qui ne dispose pas d’unité de production de médicaments prenant en compte les besoins prioritaires de la population. Par conséquent, il importe la quai totalité de ses médicaments et autres produits de santé. Ainsi la disponibilité constante des médicaments dépend fortement de la production extérieure et des procédures d’approvisionnement », a, d’entrée de jeu relevé, Natacha Toé, directrice chargée de la continuité des activités règlementaires pharmaceutiques dont la direction( DCARP) délivre les visas d’importation. De l’approvisionnement en médicaments, elle expliquera par la suite que le processus est long. En effet, a t-elle indiqué, il y a, premièrement, le contrôle au niveau de l’importation qui vise à assurer que les fabricants des produits qu’on veut importer disposent au préalable d’une Autorisation de mise sur le marché (AMM). C’est après cela que la douane autorise la libération des conteneurs de médicaments lorsque toutes les procédures sont validées. Mais a t-elle souligné, entre ces deux étapes, les importateurs doivent encore se soumettre à entre autres exigences : la soumission de la facture sur la plateforme en ligne, SYLVIE ; l’évaluation de la conformité technique de chaque produit ; la procédure de dédouanement et la mise en stock effective des médicaments avant la distribution.
A en croire toujours la DCARP, depuis la mise en place de la plateforme SYLVIE, la délivrance des visas se fait dans un délai moyen de (48h). « Cependant, le retrait d’AMM de certains produits représente un problème majeur pour le grossiste qui retarde, voir annule l’octroi du visa d’importation », a t-elle regretté.
Expliquant ainsi la rupture momentanée de certains produits, elle a rassuré que les pharmaciens sont autorisés dans ce cas à substituer par des produits similaires pour assurer la continuité des soins du patient.
La rupture, a t-elle poursuivie, peut également s’expliquer par la Politique de gratuité des soins des femmes enceintes et des enfants de moins de 5 ans qui a entrainé une augmentation de la consommation des médicaments. Toutefois, s’est-elle voulue encore rassurante, l’Etat continue de faire des efforts pour répondre aux besoins en médicaments de la population.